Appel de communication pour un colloque étudiant: CRISES

Le présent appel de communication s’adresse aux étudiants et étudiantes des 2e et 3e cycles en science politique de l’UQÀM. Toutes réflexions, analyses et études de cas touchant le thème de la/des crise/s sont les bienvenues. Toutes les propositions seront considérées, qu’elles s’inscrivent dans le champ de la théorie et de l’analyse politiques, des relations internationales ou de l’administration publique. Veuillez soumettre à l’adresse courriel suivante, colloque.crises@gmail.com, un court texte d’environ 250 mots incluant le titre et le sujet de votre communication, l’angle d’approche privilégiée de même que la sous-discipline concernée. La date limite pour la soumission des propositions de communication est le 16 octobre 2009.

La science politique face aux crises

Il est dans l’air du temps de parler de crise. Les médias d’information utilisent abondamment ce terme pour qualifier certains moments et contextes de l’actualité qui tendent à mobiliser de façon ponctuelle l’intérêt d’une panoplie d’acteurs et d’intervenants. En outre, la notion de crise n’a pas de définition consensuelle ni univoque. Des disciplines aussi diverses que l’économie, la psychologie, l’histoire, les sciences de la santé et l’épistémologie l’interprètent différemment. La science politique n’est pas en reste. Son usage courant de la notion de crise ne l’en dispense pas pour autant d’une réflexion sur sa valeur heuristique et théorique. Le colloque organisé par l’AECSSP est l’occasion d’interroger cet outil conceptuel et son rapport à la théorie, ses possibilités et ses limites pour la description des phénomènes politiques et des rapports de pouvoir, son application contextuelle et l’intervention qu’il commande.

Selon l’acceptation générale, la crise renvoie à un événement, à une situation ou à un état jugé problématique. Pour les uns, elle nécessite une intervention rapide, un jugement, une sanction. Dans ce cas, elle réactive ses origines étymologiques du grec ancien, krisis, qui signifie décision. Le caractère prescriptif de cette première interprétation interpelle la science politique à de multiples égards: quel est le rôle et la responsabilité des décideurs lorsque survient une crise? Quelle est la nécessité de résorber et d’éviter les crises? Sur quelle légitimité se fonde le pouvoir décisionnel en état de crise?

Pour les autres, la crise est une occasion de remise en question, de remise en doute, un moment propice au débat et à la critique. Ici, elle rappelle l’idéogramme chinois illustrant le mot crise et qui se rapporte à l’idée d’opportunité. Elle évoque également le kairos des Grecs anciens entendu comme une action décisive opérée à un moment opportun. Cette seconde interprétation trouve un écho cette fois dans les concepts de temporalité, d’action, de normalité et d’exception. Est-il possible et utile pour la science politique de prévoir une crise? Peut-il être pertinent voire nécessaire de la provoquer, de l’alimenter et de la maintenir?

Comme le thème choisi pour l’édition de novembre 2009 du colloque de l’AECSSP fait écho à celui d’ordre et de désordre qui encadrera la tenue, à l’UQÀM, du XIe colloque sur la recherche étudiante en science politique (CRESP 2010), les étudiants et étudiantes des 2e et 3e cycles du département de science politique de l’UQÀM sont fortement encouragés à soumettre une proposition de communication qui pourra être retravaillée et améliorée en vue d’une participation au CRESP 2010 en mai prochain.